Trois ans après avoir permis aux femmes d’avorter légalement et librement, le gouvernement espagnol fait volte-face en adoptant un projet de loi qui restreint terriblement l’accès à l’IVG. Et, par conséquent, le droit des femmes à disposer de leur corps.
Proposé par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, le projet de loi visant à restreindre le droit à l’avortement en Espagne s’intitule « Loi de protection de la vie du foetus et des droits de la femme enceinte. » Proposé le 20 décembre dernier, ce projet de loi qui revient sur l’une des libertés les plus fondamentales obtenues par les Espagnoles il y a seulement 3 ans.
Le projet de loi est « simple », le recours à l’avortement ne serait autorisé quand dans deux cas de figure : conséquence d’un viol et risque pour la santé de la mère, mais ce risque devra être certifié par deux médecins différents et étrangers à l’établissement où serait pratiquée l’IVG.
Exit l’autorisation d’interruption de grossesse jusqu’à 14 semaines sans justifications et 22 semaines en cas de malformation du foetus, accordée il y a seulement 3 ans par le précédent gouvernement espagnol, dirigé alors par Jose Luis Rodriguez Zapatero.
Terrible régression pour le droit des femmes
Ce projet de loi controversé devrait pourtant être approuvé cette année par le Sénat et le Congrès, notamment malgré le fait que le nombre d’interruption volontaires de grossesse pratiquées a baissé en 2012.
L’Espagne, état membre de l’Union Européenne, effectue un retour un arrière très préoccupant pour les femmes, alors que 20 des 28 états membres reconnaissent le droit des femmes à décider librement de leur grossesse dans les douze à quatorze premières semaines. L’avortement n’est assorti de conditions que dans 6 états, et seuls Malte et l’Irlande l’interdisent.
Si l »Espagne régresse et s’isole sur cette question, ce sont avant tout les femmes espagnoles qui vont en subir les conséquences.