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Le mea culpa d’un papa

Christophe a 34 ans et vit depuis cinq ans avec Sophie. Le couple est heureux, a des projets, jusqu’à ce que Sophie lui apprenne qu’elle est enceinte. Il nous raconte…

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« J’étais très heureux avec Sophie. Nous nous sommes rencontrés il y a cinq ans, nous vivons ensemble, nous sommes comblés. Un lundi soir (je me souviens parfaitement de cette journée), Sophie est dans la cuisine, et me prévient qu’elle a quelque chose à m’annoncer. « Je suis enceinte »me dit-elle… Un choc, le choc. Ma première réaction est l’incompréhension puisque Sophie prend la pilule. Je lui demande des explications. Elle me dit l’avoir oublié et m’avoue ne pas s’être trop pris la tête car elle pensait que comme elle j’avais envie d’un enfant. Elle a raison, j’ai envie d’être père, nous en avons souvent parlé, mais pas là, pas maintenant, pas comme ça…

Sophie est déçue et ne comprend pas ma réaction, je ne la comprends pas moi-même à vrai dire. Je ne me sens pas prêt. Tout va très bien dans nos vies et je n’ai pas envie que ça change. Les deux semaines qui suivent cette annonce sont catastrophiques. Je n’arrive pas lui parler, Sophie se renferme, ne comprend plus rien. Un soir, nous dînons tous les deux dans le silence, et je lui propose de discuter de cette situation. Ce que je lui ai dit alors va en choquer plus d’un, mais je lui propose d’avorter… En lui promettant que nous aurons des enfants mais pas plus tard. La réaction de Sophie est immédiate, d’une violence rare. Comment puis-je oser lui demander de faire une telle chose… Rien ne nous empêche d’avoir cet enfant. Et elle a raison.

Je m’incline mais lui en veut au fond de moi. Pourquoi ne m’a t-elle pas dit qu’elle avait oublié la pilule, pourquoi ai-je cette impression étrange d’avoir été pris en otage ? Je me sens extérieur à ce bonheur que Sophie vit si intensément et regarde son ventre grossir à vue d’œil sans me sentir impliqué. C’est dur, j’essaie mais je suis incapable de me réjouir de sa grossesse.

Les mois passent. Sophie a décidé de m’ignorer. Elle a été très claire avec moi : si je ne veux pas de cet enfant, elle oui et elle le gardera quoiqu’il advienne. Le jour J, j’ai la gorge serrée, je ne me sens pas d’accueillir dans ma vie cet enfant, mais je fais profil bas. Quand Lenny naît, je suis au côté de Sophie comme pour me déculpabiliser de ne pas avoir été là ces derniers mois. Sophie a insisté pour que j’assiste à l’accouchement, elle espère un déclic.

Et Sophie a eu raison. Quand je pose mon regard sur ce petit bout, je ressens une émotion inexplicable, nouvelle, sensationnelle. Le voir gigoter, respirer, hurler, m’emplit de bonheur tout entier. Ma femme est une étoile, elle m’a avoué n’avoir jamais douté que je puisse être un bon père, elle savait qu’il me fallait du temps.

Aujourd’hui, je suis un homme heureux, épanoui, père d’un garçon génial et mari d’une femme qui me connaît mieux que personne. Quasiment tous les jours, je présente mes excuses à ma femme pour cet homme que j’ai été. Elle me répond toujours que l’important, c’est ce que je suis aujourd’hui. Merci Sophie, Merci Lenny ».

Mea culpa ».

 

 

 

A propos de Caroline Delanoë

Jeune maman depuis peu, un peu fofolle, un peu rêveuse mais à l'écoute des conseils avisés de ses cop's ! Toujours à l'affut des dernières tendances mode et beauté, à fond sur les bouquins de prénoms (d'une grande aide au passage) et incollable sur les produits bébé, cela fait d'elle une maman épanouie et décomplexée comme toi !